Ce n’est pas un livre comme les autres. L’auteur nous offre un nouvel angle de vue sur la vie d’un camp de concentration, depuis sa destruction jusqu’à la libération. Et le personnage principal apporte sa touche d’originalité, puisqu’il finit par devenir le « dessinateur officiel » de toutes ces horreurs. Il ne fait ainsi pas entièrement partie de ceux qui ont commis les pires sévices aux déportés. Il voit ce qu’il se passe, il est écœuré par les maltraitances, et en même temps il se pose ces questions qu’heureusement certains ont pu avoir. Fallait-il se rebeller ou suivre les ordres pour survivre ? Ce n’est qu’une des interrogations. À chaque fois, ses introspections s’adressent au lecteur, qui lui se demande tout au long de l’histoire de quelle manière il aurait réagi en pareilles circonstances. Il est facile de juger a posteriori et nous avons eu la chance de ne pas connaître cette période, ce genre situation. Mais qu’aurions-nous fait ?

Justement, c’est un livre pour la mémoire. Car il ne faut pas que peu à peu le souvenir s’estompe. Comme le répète l’auteur, la bête sommeille, mais elle peut encore et toujours se réveiller. La description des atrocités commises dans ce camp est évidemment dérangeante, sachant surtout qu’il s’agit effectivement de la réalité. L’auteur ne nous épargne rien et c’est une bonne chose, car il ne faut pas jeter un voile pudique sur ce que les humains peuvent faire aux humains. À travers les yeux du dessinateur, nous sommes mis à la place de l’observateur, inconfortable, dérangé par ce qu’il voit, incapable de réagir par peur d’endurer les mêmes souffrances. C’est par des croquis que le personnage principal voulait témoigner de la réalité, c’est par les mots qu’il arrive à les transmettre.

Un livre à découvrir, un cheminement à vivre, pour encore s’interroger sur ce qu’il s’est passé et comprendre que si nous oublions, tout peut recommencer…

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