La réflexion posée par cet ouvrage est assez intéressante. L’histoire nous fait plonger dans la chute d’un chroniqueur radio dont le rôle est de clore une matinale par un billet d’humour. Comme cela se pratique désormais sur à peu près toutes les radios qui font de l’audience. Sauf que cet humoriste n’a rien préparé. Et la suite du livre est l’explication heure par heure de la raison pour laquelle ce chroniqueur arrive sans aucune fiche et saborde sa propre chronique.

Tout n’est pas intéressant dans ce livre. Ceci certainement parce que je ne suis pas très people, que je ne connais pas les animateurs « vedettes », que je n’ai pas connaissance des drames superflus qui agitent le microcosme parisien. C’est parfois mal écrit, avec des variations de niveau de langue assez incompréhensibles, à part l’envie de briller en plaçant des mots que nous n’utilisons pas au quotidien. Et bien sûr, il y a de la vulgarité et quelques piques qui doivent servir à faire le buzz autour du livre pour qu’il se vende ; c’est dommage.

Dommage parce que la réflexion développée est essentielle. L’humour est devenu une dictature qui peu à peu étouffe et efface ce qui fait l’essence de la démocratie. Aujourd’hui il convient de rire de tout. Et comme le développe l’auteur, il est interdit de contredire les amuseurs publics. Du journal satirique qui insulte les religions par ses caricatures aux chroniqueurs de petite envergure qui se moquent des politiciens de tout bord, il faut sans cesse faire rire, se moquer du monde, tourner les personnalités en dérision. Personne n’y échappe.

Il est devenu obligatoire de rire de tout. Avec cynisme ou violence, peu importe, l’auteur définit bien l’objectif : être liké sur les réseaux sociaux autant qu’un chaton tout mignon. C’est une prise de conscience de la place qu’occupe désormais l’humour dans notre société. L’objectif n’est plus de débattre, de réfléchir, de trouver des solutions aux problèmes, mais de rire des politiciens, des stars, des drames, de tout ! La vie n’est plus qu’une vaste comédie et il n’est plus possible de rien faire sans être la cible des moqueries. Il est obligatoire de rire, personne n’a le droit de critiquer ou de censurer l’humour. Ceci au niveau mondial, du moins pour ce qui concerne les pays démocratiques.

Il aurait certainement été plus intéressant, selon moi, de transformer ce roman en essai. Mais il n’aurait pas été bien épais. La réflexion mérite d’être approfondie.

Merci à NetGalley et aux éditions Grasset de m’avoir permis de découvrir ce livre.

03/01/2020

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